L'annonce a surpris même les fans les plus avertis du manga : un parc à thème entièrement dédié à Dragon Ball verra le jour en Arabie saoudite. Pas une simple zone dans un grand complexe, mais un site complet, pensé autour de l'univers d'Akira Toriyama, dans le cadre du méga-projet de Qiddiya, à une quarantaine de kilomètres de Riyad. Pour les millions de fans de la saga à travers le monde, c'est une nouvelle inédite — et pour beaucoup, une destination à ajouter à la liste. Mais entre communiqués officiels et projets architecturaux, difficile de savoir exactement à quoi s'attendre. Voici un tour d'horizon de ce que l'on sait, de ce qui reste à confirmer, et de ce qu'il faut garder en tête si vous envisagez d'y aller un jour.
Un projet grandeur nature à Qiddiya
Le parc Dragon Ball s'inscrit dans Qiddiya, l'un des grands chantiers lancés par l'Arabie saoudite dans le cadre de sa Vision 2030, le plan national de diversification de l'économie. L'idée derrière Qiddiya est simple sur le papier : créer une ville du divertissement, du sport et de la culture au sud-ouest de Riyad. Le site est censé accueillir à terme un parc Six Flags avec l'une des montagnes russes les plus rapides du monde, des installations sportives, des salles de spectacle et de nombreux hôtels.
Dans ce contexte, l'arrivée d'un parc Dragon Ball n'a rien d'un hasard. Le royaume investit massivement dans l'industrie du divertissement pour attirer les visiteurs étrangers et proposer des activités à sa propre population, jeune et grandement consommatrice de culture pop japonaise. Le manga et l'anime occupent une place considérable au Moyen-Orient, et Dragon Ball en particulier bénéficie d'une popularité qui traverse les générations depuis les années 1990.
Le projet a été officialisé en 2024, en partenariat entre Qiddiya Investment Company et Toei Animation, le studio détenteur des droits de l'œuvre. L'envergure annoncée donne le vertige : environ 500 000 mètres carrés, soit une surface comparable à celle des plus grands parcs à thème au monde.
À quoi ressemblera le parc
D'après les éléments communiqués par les deux partenaires, le parc sera organisé en sept zones thématiques inspirées des lieux emblématiques de l'univers Dragon Ball. Parmi celles citées figurent la maison de Tortue Géniale (Kame House), la planète Namek, le siège de la Capsule Corporation ou encore l'arène des Jeux de Cell. Autrement dit, les concepteurs ne se contentent pas de décorer des attractions à l'effigie des personnages : ils cherchent à recréer des environnements entiers, pour une immersion qui s'apparente davantage à une véritable plongée dans le monde du manga qu'à une simple parade de boutiques de souvenirs.
La pièce maîtresse annoncée est une montagnes russes dominée par une statue de Shenron, le dragon légendaire exauçant les vœux. L'attraction culminerait à environ 70 mètres de hauteur — ce qui, si les plans se confirment, en ferait l'une des montagnes russes les plus hautes de la région. Les visuels de présentation montrent un serpentement de rails autour d'une immense silhouette verte de dragon enroulée dans le ciel du parc.
Au-delà des sensations fortes, le projet prévoit des expériences immersives inspirées de scènes cultes de l'anime, des restaurants à thème, des boutiques et des espaces de divertissement pour les familles. Des hôtels sont également évoqués dans le périmètre du projet, ce qui suggère une volonté d'en faire une destination où l'on séjourne plusieurs jours, sur le modèle des grands resorts de Floride ou du Japon.
La collaboration avec Toei Animation est un point important. Contrairement à certains parcs où les licences sont utilisées de manière superficielle, la participation directe du studio propriétaire laisse espérer une fidélité soignée aux designs d'origine — un enjeu majeur pour une fanbase aussi exigeante que celle de Dragon Ball.
Ce qui reste encore incertain
C'est là qu'il faut faire preuve de prudence. Si l'annonce officielle est solide, plusieurs détails pratiques restent flous. La date d'ouverture n'a pas été confirmée avec précision, et les projets de cette ampleur subissent régulièrement des ajustements de calendrier. Qiddiya dans son ensemble avance par phases : certaines attractions du quartier devraient ouvrir en premier, tandis que d'autres éléments suivront sur plusieurs années. Il serait donc risqué de bloquer un voyage autour d'une date précise avant que le site officiel n'annonce une ouverture ferme.
De même, le détail des attractions, les tarifs et l'organisation finale du site ne sont pas encore connus. Les rendus spectaculaires diffusés dans la presse donnent une direction artistique, mais l'expérience réelle dépendra de ce qui sera effectivement construit. C'est le cas de tous les grands projets de ce type : entre l'image promotionnelle et le parc livré, il y a souvent un écart, parfois en bien, parfois en moins spectaculaire.
Enfin, la géographie compte. Riyad se trouve à environ 500 kilomètres des plages de Djeddah et du bord de la mer Rouge, où se concentrent d'autres projets touristiques saoudiens. Si vous planifiez un voyage centré sur le parc Dragon Ball, il faudra donc organiser votre séjour autour de la capitale.
Voyager en Arabie saoudite : le contexte a changé
Pour ceux qui n'ont pas suivi l'évolution du pays ces dernières années, un rappel utile : l'Arabie saoudite n'est plus la destination fermée au tourisme qu'elle a longtemps été. Depuis 2019, un visa électronique permet aux ressortissants de nombreux pays, dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, d'entrer dans le royaume pour le tourisme. La demande se fait en ligne et le visa est généralement délivré rapidement.
Riyad, longtemps perçue comme une ville administrative sans grand intérêt touristique, se transforme à vue d'œil : musées, restaurants, centres commerciaux géants, événements sportifs internationaux et concerts s'y multiplient. Un voyage combinant la capitale et une visite à Qiddiya s'inscrirait naturellement dans cette dynamique.
Côté climat, un point mérite d'être souligné : les étés à Riyad sont extrêmement chauds, avec des températures qui dépassent régulièrement 45 degrés entre juin et septembre. Les grands projets de la région intègrent des solutions d'ombrage et de climatisation, mais si vous avez le choix, les mois de novembre à mars offrent des conditions bien plus agréables pour se balader dans un parc en plein air.
Sur le plan des usages, il faut garder en tête que l'Arabie saoudite reste un pays aux règles sociales conservatrices. Les visiteurs sont attendus avec respect de la législation locale : tenues modestes, restrictions sur l'alcool, et sensibilité aux coutumes religieuses. Rien de rédhibitoire pour la grande majorité des voyageurs, mais autant se préparer correctement pour éviter les mauvaises surprises.
Pourquoi ce parc intéresse au-delà des fans de manga
Le parc Dragon Ball de Qiddiya est révélateur d'une évolution plus large de l'industrie du divertissement. Pendant des décennies, les parcs à thème mondiaux ont été dominés par les licences américaines et, dans une moindre mesure, par les parcs japonais. Voir une franchise japonaise majeure devenir la colonne vertébrale d'un parc entier au Moyen-Orient marque un tournant, à la fois pour l'industrie des parcs et pour le rayonnement culturel du manga.
Pour Toei Animation, c'est aussi une opportunité de donner à Dragon Ball une présence physique pérenne, chose que la franchise n'a jamais vraiment eue à cette échelle. Les fans japonais ont leurs événements et leurs boutiques, mais aucune expérience de type resort entièrement dédiée à l'univers de Goku n'avait vu le jour jusqu'ici. Si le projet tient ses promesses, il pourrait devenir un lieu de pèlerinage pour la communauté mondiale.
En attendant l'ouverture
Pour qui s'intéresse au projet, le réflexe le plus fiable reste de suivre les communications officielles de Qiddiya et de Toei Animation, plutôt que les rumeurs qui circulent abondamment sur les réseaux sociaux à chaque nouvelle image de chantier. Les dates, la billetterie et le contenu définitif des attractions seront confirmés par ces canaux-là.
En attendant, le projet a d'ores et déjà rempli une fonction : il place l'Arabie saoudite sur la carte des destinations de divertissement auxquelles les voyageurs internationaux commencent à s'intéresser. Reste à savoir quand les portes du parc ouvriront réellement, et si l'expérience sur place sera à la hauteur des 70 mètres de son dragon. Les fans, eux, ont déjà compris l'essentiel : la première Sphère du Dragon s'est mise à briller quelque part dans le désert saoudien. Il ne reste plus qu'à attendre que le vœu s'exauce.